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Trésorerie

Première année d'activité en libéral : base forfaitaire, ACRE et régularisation des cotisations

Vos cotisations de première année en libéral : la base forfaitaire de 9 131 €, l'ACRE limitée à un quart, la régularisation qui suit, caisse par caisse.

Publié le · EPIPHYSE Conseil

Pierre-Emmanuel Hinard

Par Pierre-Emmanuel Hinard, expert-comptable inscrit à l'Ordre · chiffres vérifiés le · méthode et sources

« La première année trompe par construction : l'appel suit un forfait, pas vos encaissements. Je cale donc la provision sur le taux de croisière, dès le premier mois. »

En bref. Un forfait de 9 131 € sert d'assiette à vos premières cotisations en 2026, soit 19 % du PASS. L'ACRE retire un quart des cotisations concernées pendant douze mois, sous 36 045 € de revenu de début. La CSG-CRDS, la contribution à la formation et la retraite complémentaire restent dues en entier. Le montant réel ne se connaît qu'après votre première déclaration de revenus.

Première année en libéral : un forfait à la place de votre revenu

Vous encaissez vos premiers honoraires, et votre échéancier paraît étonnamment léger. Ni l'URSSAF ni votre caisse n'ont de revenu à lire. Elles retiennent donc une base de début d'activité, identique pour toutes les professions. Le PASS 2026 vaut 48 060 €, et ce forfait en représente 19 % : 9 131 €.

Un début d'activité en cours d'année réduit le forfait à proportion. La contribution à la formation professionnelle échappe à ce calcul et reste entière. La deuxième année repart, selon la caisse, du même forfait ou du revenu de la première année annualisé.

Le montant n'est pas si maigre au regard des droits. Un revenu de 7 212 € valide quatre trimestres de retraite en 2026. La base de début d'activité passe au-dessus de ce seuil.

Une réserve, que nous préférons signaler. L'URSSAF publie ce forfait sur ses pages « profession libérale réglementée ». Ses pages consacrées aux soignants conventionnés ne le mentionnent pas. Lecotiz leur applique la même base, en attendant une confirmation écrite.

Ce que la base forfaitaire produit à l'URSSAF en 2026

Cotisation URSSAFSur la base de 9 131 €Règle 2026
Maladie-maternité0 €taux nul sous 9 612 € d'assiette, soit 20 % du PASS
Allocations familiales0 €taux nul sous 52 866 € d'assiette, soit 110 % du PASS
Indemnités journalières58 €0,30 % d'une assiette minimale de 19 224 €
CSG-CRDS886 €9,70 % de la base, sans aucune prise en charge
Contribution à la formation120 €0,25 % du PASS, forfait annuel
Contribution URPS0,10 % à 0,50 % de la baseselon la profession, dans la limite de 240 €

Deux lignes tombent à zéro, et ce sont celles qui coûteront cher plus tard. La cotisation maladie ne démarre qu'à 20 % du PASS d'assiette. Le seuil des allocations familiales se situe à 110 %. Le forfait de début reste sous ces deux marches. La CSG-CRDS pèse alors plus lourd que toutes les autres lignes URSSAF réunies. Ce tableau vaut pour une année pleine ; une affiliation en octobre le divise, la formation exceptée.

Ce que votre caisse appelle la première année

CaisseAppel de première année 2026, sur une année pleineCe qui sera recalculé
CARPIMKO4 320 € pour une affiliation en janvier, 1 412 € en octobre : base 968 €, complémentaire 2 091 €, invalidité-décès 1 022 €, ASV 224 € plus 15 €la retraite de base seule
CARMF3 437 € en secteur 1, 7 710 € en secteur 2 ; complémentaire non due les deux premières années, sauf début d'activité après 40 ansrien : la base de première année reste définitive
CARCDSF7 077 € pour un chirurgien-dentiste : base 968 €, forfait complémentaire 3 210,60 €, PCV 1 663,60 €, invalidité-décès 1 235 €la retraite de base, en 2027
CAVP12 182 € : base 923 €, complémentaire de classe 3 à 10 563 €, invalidité-décès 696 €la retraite de base, en juillet 2027
CIPAVbase 968 €, complémentaire 1 004 €, invalidité-décès au plancher de 89 €la retraite de base

Aucune caisse ne réclame le même montant, et l'écart dépasse le détail de trésorerie. Chez une sage-femme, les forfaits CARCDSF changent : la PCV tombe à 260 € et l'invalidité-décès à 384 €. Deux dispenses existent pour les débutants. La CARCDSF lève son forfait de complémentaire, sur demande dans les 60 jours de l'appel. La CARMF, elle, n'appelle pas la complémentaire des deux premières années. Le régime par régime se lit dans les guides de caisse : CARMF, CARPIMKO, CARCDSF, CIPAV et CAVP. À la CAVP, la règle de prorata des forfaits de début n'est pas publiée. La caisse doit encore préciser ce point.

ACRE : un quart des cotisations, pas la totalité

L'ACRE accompagne le démarrage, sur une durée de douze mois. Le décret n° 2026-69 du 6 février 2026 a mis fin à l'exonération totale. L'aide retire désormais un quart des cotisations concernées. Trois cotisations URSSAF entrent dans ce périmètre : allocations familiales, indemnités journalières et maladie-maternité. Deux régimes de votre caisse s'y ajoutent : retraite de base et invalidité-décès. L'avantage reste entier tant que le revenu de début ne dépasse pas 36 045 €, soit 75 % du PASS. Entre ce seuil et 48 060 €, il décroît, puis disparaît. La formule exacte de cette dégressivité ne figure pas sur les pages URSSAF consultées. Nous la donnons donc pour « à vérifier ». Le délai de demande est court : 60 jours après le début d'activité, auprès de l'URSSAF. Une activité créée en 2025 garde l'ancien régime, avec une exonération totale.

Quatre lignes échappent complètement à l'aide. La CSG-CRDS reste due en entier, soit 886 € sur la base forfaitaire. Le forfait de formation de 120 € ne bouge pas davantage, ni la contribution URPS. La retraite complémentaire n'est jamais exonérée : 1 004 € à la CIPAV sur cette même base.

Les modalités varient ensuite d'une caisse à l'autre. La CAVP ne rend l'exonération définitive que sous 48 060 € de revenu de début. Au-delà, elle appelle le solde en juillet 2027. La CARCDSF exonère la retraite de base et l'invalidité-décès, sans cumul possible avec le report de cotisations. La CARPIMKO renvoie à l'URSSAF, et le sort de son invalidité-décès demande confirmation. Le régime micro-social suit une autre logique. L'ACRE y devient un taux réduit sur le chiffre d'affaires, et ce régime reste fermé aux conventionnés.

La régularisation qui suit la première année

Le forfait de début n'est qu'une avance. Au printemps suivant, vous déclarez votre revenu réel sur impots.gouv.fr. L'URSSAF recalcule alors votre première année, puis réclame la différence. Ce revenu n'est pas votre bénéfice comptable. C'est le revenu brut social, diminué de 26 %. La réforme de l'assiette explique ce calcul. Un démarrage réussi produit donc un rattrapage, doublé d'acomptes plus élevés. Les dates de ce rattrapage sont dans le guide sur la régularisation.

Côté caisses, la règle change d'une profession à l'autre. La CARMF ne recalcule pas la retraite de base de la première année. Celle de la deuxième année est régularisée sur l'appel de solde de 2027. La CARCDSF et la CAVP recalculent la retraite de base en 2027, sur le revenu 2026 définitif. À la CARPIMKO, seul le régime de base peut encore être revu. Les trois autres sont arrêtées à l'émission de l'appel.

Deux leviers évitent de subir ce décalage. Un revenu estimé, transmis à l'URSSAF ou à la caisse, cale l'appel sur votre activité réelle. Le report existe aussi, à la CARMF comme à la CARCDSF. La retraite de base des douze premiers mois peut attendre la cotisation définitive. Son étalement va jusqu'à cinq ans, sans majoration, sur demande écrite.

Provisionner dès le premier encaissement

Un appel de première année ne dit rien de votre régime de croisière. Prenez un infirmier conventionné à 70 000 € de recettes. Sa cotisation CARPIMKO de première année s'élève à 4 320 €. Une fois installé, elle atteint 10 236 €. Ce second montant sort du moteur Lecotiz, au micro-BNC, sur une année pleine. L'écart n'est pas une économie, il est différé.

Une habitude suffit à l'absorber. Mettez de côté, chaque mois, la part qui correspond à votre régime de croisière. Le premier appel, lui, ne sert pas de référence. Le guide sur les taux par profession en donne l'ordre de grandeur. Notre méthode détaille le calcul de ce pourcentage sur votre profil. Le choix du statut, la société d'exercice et le calendrier de l'installation relèvent d'EPIPHYSE Conseil, qui propulse Lecotiz.

Ce barème, appliqué à vos recettes, mois par mois : Voir mon net disponible

Chiffres et sources vérifiés par Pierre-Emmanuel Hinard, expert-comptable, le 21 septembre 2026. Notre méthode et nos sources.

Questions fréquentes

Quelle assiette sert à mes premières cotisations ?+

Sur un forfait identique pour toutes les professions : 9 131 € en 2026, soit 19 % du PASS. Une installation en cours d'année le réduit, sauf la contribution à la formation, qui reste entière.

L'ACRE supprime-t-elle mes cotisations la première année ?+

Non, plus depuis le décret du 6 février 2026 : l'exonération plafonne à un quart, sur cinq cotisations seulement. La CSG-CRDS, la contribution URPS, la formation et la retraite complémentaire restent dues en entier, et l'aide s'éteint au-dessus de 48 060 € de revenu de début.

Pourquoi le premier appel de ma caisse n'a-t-il rien à voir avec celui d'un confrère ?+

Parce que les forfaits de début diffèrent d'une caisse à l'autre : 3 437 € à la CARMF en secteur 1, 4 320 € à la CARPIMKO, 12 182 € à la CAVP pour une année pleine. L'écart vient surtout des régimes complémentaires : la CAVP appelle une classe entière, la CARMF n'appelle rien.

Mon premier appel est léger : combien faut-il mettre de côté ?+

La somme que réclamera votre régime de croisière, et non le montant du premier appel. Pour un infirmier conventionné à 70 000 € de recettes, la CARPIMKO passe de 4 320 € la première année à 10 236 € en régime établi.

Sources

Montants de première année repris des barèmes vérifiés du dépôt : simulateur « nouvel affilié 2026 » de la CARPIMKO, pages de début d'activité de la CARMF et de la CARCDSF, notice CAVP 2026. Sources consultées pour la vérification du 21 septembre 2026 ; les montants du guide sont recalculés par le moteur au barème 2026. Méthode et sources.

Les informations de ce guide ont un caractère général et ne constituent pas un conseil personnalisé. Les règles sociales et fiscales évoluent chaque année. Pour une analyse de votre situation, contactez EPIPHYSE Conseil.